Cette année, j’ai l’honneur d’organiser une séance intitulée : Transparent Flesh: Reimagining the Medical Image in Contemporary Art lors de l’ASSOCIATION FOR ART HISTORY 2026 ANNUAL CONFERENCE
Cette session interroge la manière dont l’art contemporain engage un dialogue critique avec les images médicales : radiographies, IRM, visualisations biomédicales, dispositifs chirurgicaux ou encore technologies de visualisation du vivant. L’enjeu est de penser le corps comme territoire de transparence et d’opacité, entre savoirs scientifiques et imaginaires artistiques, entre objectivation clinique et subjectivité sensible.
Nous examinerons comment artistes, chercheur·euses et historien·nes de l’art réinventent ces représentations :
- en explorant leur potentiel esthétique et poétique,
- en interrogeant les normes médicales qui façonnent nos conceptions du corps,
- et en ouvrant la voie à de nouvelles lectures critiques et politiques des technologies de la vision.
Corps, sciences et arts
Cette séance examine comment l’art contemporain s’engage avec les régimes visuels de l’imagerie médicale pour interroger les récits dominants de transparence corporelle, d’objectivité et de contrôle. Des radiographies et IRM aux scans 3D et aux diagnostics générés par l’IA, l’image médicale en est venue à incarner une forme de vérité sur le corps – une visibilité intérieure qui prétend contourner la subjectivité. Pourtant, ces images, souvent dépourvues de personne, de sensation et de contexte, produisent également une abstraction visuelle du soi : une « chair transparente » à la fois hyper-visible et désincarnée, cliniquement lisible mais phénoménologiquement opaque.
Des artistes travaillant la photographie, l’installation, la performance ou les médias numériques ont de plus en plus répondu à ce paradoxe, réinvestissant l’espace de la représentation médicale comme lieu de critique, de fiction et de résistance. Par la réappropriation, la distorsion, la superposition ou la mise en relation avec des matériaux affectifs, ces pratiques mettent en avant le corps vécu comme instable, fragmentaire ou blessé – défiant ainsi la supposée neutralité des images médicales et les épistémologies qu’elles véhiculent. Ces œuvres soulèvent des questions pressantes : comment le regard médical est-il racialisé, genré ou validiste ? Comment les interventions artistiques peuvent-elles subvertir ses logiques de surveillance, de normalisation et d’extraction ? Et quels types de visibilité – et d’invisibilité – proposent-elles en retour ?
Cette séance invite des communications explorant ces intersections, qu’il s’agisse d’études de cas historiques, de théories critiques, de projets curatoriaux ou de recherches-créations. Les thèmes possibles incluent l’esthétique du scan, la politique des données corporelles, la phénoménologie d’un corps mis en image ou encore l’éthique de la représentation de la maladie et du trauma. Nous accueillons particulièrement les contributions mobilisant des perspectives féministes, queer, crip ou posthumanistes afin de reconfigurer la manière dont les corps sont vus, imaginés et contestés.
Cette séance d’une demi-journée présentera à la fois des œuvres artistiques et des communications théoriques. Cette structure vise à favoriser un engagement approfondi et ciblé avec chaque contribution et à permettre un dialogue riche entre les intervenant·es et le public.
Inscription pour participer au dialogue interdisciplinaire et international à l’Université de Cambridge
Pour les inscriptions pour cette séance, cliquez ICI
Image issue du site web officiel de l’ASSOCIATION FOR ART HISTORY 2026 ANNUAL CONFERENCE
