En février 2023, mon article « S’inspirer du passer pour créer l’Être du futur. Une histoire de l’image du corps prothétique » a été publié dans Les récits du posthumain, dirigé par Mara Magda Maftei et Dominique Viart aux Presses Universitaires Septentrion. Ce travail interroge la manière dont le posthumanisme, tout en projetant un avenir d’augmentation et de dépassement des limites biologiques, puise dans des récits et des références du passé pour façonner son imaginaire.

Référence de l’acte de colloque :
Jessica Ragazzini, (2023), « S’inspirer du passer pour créer l’Être du futur. Une histoire de l’image du corps prothétique », dans Les récits du posthumain, sous la direction de Mara Magda Maftei et de Dominique Viart, Presses Universitaires Septentrion
Résumé
Tournée vers le futur, l’iconographie posthumaniste s’inspire pourtant d’un passé lointain. En 1906, le mot « mannequin » ne désigne plus seulement l’objet anthropomorphe, mais le corps féminin. Quelques années plus tard, les penseurs futuristes imaginent l’Homme Nouveau, le film Metropolis sort dans les cinémas et l’érotisme du surréalisme marque à jamais la culture occidentale. L’après-guerre a laissé un gout amer vis-à-vis de la technologie, sa rédemption est la réparation des corps qu’elle a détruits. Toute une iconographie inspirée du passé et tournée vers le futur, se construit entremêlant les arts visuels au milieu de la mode avec les premières représentations robotiques proposées par Helmut Newton. Icône du posthumanisme malgré elle, la jeune athlète amputée Aimée Mullins devient égérie du couturier Alexander McQueen en 1999 (Mullins, 2009) et actrice pour l’artiste Matthew Barney en 2002. Entre le corps et l’objet, entre le cyborg et le corps augmenté, ces œuvres présentent l’humanité rêvée de demain. L’iconographie posthumaniste qui se développe aujourd’hui oscille entre cette tradition et l’innovation à venir. Cet article interroge l’iconographie du corps posthumaniste au prisme de son héritage artistique et culturel.
Une mémoire du corps augmentée
L’idée d’un « homme nouveau » n’est pas une pure création du transhumanisme contemporain. L’histoire de l’art, la philosophie et la littérature ont sans cesse interrogé la transformation du corps et de l’esprit. Des sculptures classiques idéalisant la perfection humaine aux œuvres d’art contemporain mettant en scène des corps augmentés, la tension entre passé et futur façonne les représentations du posthumain.
Un ouvrage interdisciplinaire sous l’égide de l’UNESCO
Ce travail s’inscrit dans une réflexion collective réunissant philosophes, anthropologues, juristes, spécialistes des arts et des sciences numériques. Placé sous l’égide de l’UNESCO, Les récits du posthumain questionne les implications sociales, éthiques et philosophiques de la montée en puissance des technologies modifiant le corps humain.
