Le 18 novembre 2021, j’ai co-écrit et interprété Post-transparence, une pièce de théâtre présentée lors de la Nuit de la philosophie à Montréal.
Image à la une de l’article : Photographie pour le projet Post-transparence
Résumé du projet
Lorsque la pandémie a frappé, la vie s’est violemment arrêtée. Pour la première fois, un couple se retrouve face à lui-même. Dans une dynamique d’amour-haine, deux personnages confondent leurs problèmes relationnels avec leurs problèmes personnels. Où s’arrête la limite entre soi et l’autre ?
Les contacts humains nous changent, pour le meilleur et pour le pire. Dans un monde qui nous échappe, où nous vivons en permanence connecté·es avec l’autre, que signifie être nous-mêmes ?
Au XXIe siècle, les mots d’ordre sont la transparence, l’authenticité, l’honnêteté. Pourtant, tout ce qui relève des douleurs et des traumatismes qui font partie de notre identité sont rejetés, ils doivent être cachés pour afficher en permanence l’illusion d’un parfait bonheur. Jusqu’où avons-nous encore le droit à notre propre intériorité, à nos malaises, à nos failles, à nos faiblesses et à nos tristesses ?
Au cours d’une nuit, Lui et Elle s’arrêtent pour lever les tabous avec sincérité de la place de la transparence individuelle. Lui s’occupe du bien-être familial, Elle se dévoue au travail humanitaire, deux causes différentes hypermédiatisées, hyperefficaces dans une société où la performance est utopique. Deux visions de modes de vie intègre s’entrechoquent et s’accordent. Les deux personnages sont vous, lui, elle, iel, eux, toi, moi…
Dans une remise en question de notre place individuelle, Lui et Elle mettent à l’épreuve l’obligation de transparence dans les relations sociales contraintes notamment par des technologies de plus en plus intrusives et qui imposent l’efficacité dans toutes les sphères de la vie quotidienne. Alors, dans un dialogue rythmé par les réalités humaines, les deux personnages s’affrontent autant qu’ils s’embrassent. Peu à peu, Lui et Elle découvrent leur propre humanité au-delà de l’hypocrisie sociale, et vont devoir l’accepter.
Cette pièce de théâtre coécrite invite à se confronter à soi-même. Elle propose une vision des relations interpersonnelles dans lesquelles il n’existe ni bon, ni méchant, juste des êtres sincèrement humains. Puisant son inspiration dans les ouvrages du philosophe Byung-Chul Han, la pièce incarne ses propos, tout en les soumettant à la difficulté de la vie sociale et individuelle. Dans la société de la transparence, qu’est-ce qu’être intègre, à la fois avec les autres et avec soi ?
Mon rôle dans la création et l’interprétation
En tant que co-autrice et interprète, j’ai participé à toutes les étapes de conception de la pièce :
- L’écriture du texte en collaboration avec Maxime Savoie, en explorant les tensions entre langage, image et matérialité du corps.
- La mise en scène, pensée comme une alternance entre exposition et effacement, lumière et obscurité.
- L’interprétation, cherchant à traduire physiquement et émotionnellement les concepts abordés.
Cette expérience a été l’occasion de croiser mon approche théorique et ma pratique artistique, en expérimentant une forme hybride entre théâtre, performance et réflexion philosophique.
Concept
Post-Transparence est une pièce de théâtre à deux personnages, coécrite et interprétée par Maxime Savoie (intervenant en milieu psychologique) et Jessica Ragazzini (chercheure sur les représentations corporelles).
D’une durée approximative de 1h, la pièce a pour objectif de faire réfléchir sur les spécificités d’avoir un mode de vie intègre, d’abord avec soi-même, pour ensuite l’être avec les autres.
En interprétant deux personnages qui se sont laissés envahir par le flot de la vie, les hypocrisies du quotidien, et un mode de vie à cent à l’heure dans une société en mouvement, Maxime et Jessica comptent briser les non-dits, révéler que la sincérité est avant tout un travail d’introspection. Avant de chercher à se connecter avec l’autre, il faut s’intéresser à soi-même. Pour ce faire, nous devons reconnaître que nous ne sommes que de simples êtres humains, avec nos beautés et nos laideurs, nos forces et nos faiblesses.
Ce projet a marqué mon parcours en mettant en lumière l’importance du théâtre comme espace de pensée vivante et incarnée. Il a également ouvert de nouvelles pistes de recherche sur les liens entre art, philosophie et représentation.
