Du 15 mai au 22 juin 2019, j’ai eu l’opportunité d’être commissaire adjointe aux côtés de Mélanie Boucher et Marie-Hélène Leblanc pour l’exposition La Robe de chair au Musée National : expositions et reconstitution à la Galerie UQO, Gatineau. Cette exposition revisitait l’une des œuvres les plus controversées du Canada : Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak. Voici un retour sur ce projet marquant.
Photographies : Rémi Thériault, Hause of Common


Une œuvre qui a fait scandale
Présentée en 1991 au Musée des beaux-arts du Canada, Vanitas de Jana Sterbak a déclenché une controverse nationale. Confectionnée en viande crue, cette œuvre a soulevé de vifs débats sur l’usage de matériaux organiques en art contemporain, provoquant des réactions passionnées du public, des politiciens et des médias.
En 2019, avec mes collègues, nous avons souhaité revisiter cette polémique sous un angle documentaire et critique. Notre objectif était de proposer une relecture historique et théorique en analysant l’impact de cette œuvre sur les discours artistiques et sociétaux.


Mon rôle dans ce projet
En tant que commissaire adjointe, j’ai participé à la recherche curatoriale et à l’organisation de la mise en espace. Nous avons construit un parcours intégrant archives, entretiens et documents d’époque afin de montrer comment Vanitas avait été perçue et médiatisée.
Grâce à une sélection de vidéos, de photographies et de témoignages, nous avons voulu recréer l’expérience et les réactions qui ont entouré cette œuvre à sa présentation initiale. Ce travail de commissariat m’a permis d’approfondir mes recherches sur la réception de l’art contemporain et sur les tensions qu’il peut générer.


Un questionnement toujours actuel
Au-delà du retour historique, cette exposition soulevait aussi des questions actuelles sur la matérialité de l’art, l’éthique de l’utilisation de matériaux périssables et la consommation. Dans un monde où les enjeux écologiques sont omniprésents, il était essentiel de recontextualiser cette œuvre et d’interroger la pertinence de ces pratiques aujourd’hui.


Un moment clé de mon parcours
Cette exposition a été un moment marquant de mon parcours. Elle m’a permis de collaborer avec des commissaires d’expérience et de contribuer à une réflexion critique sur l’histoire de l’art contemporain. J’ai particulièrement apprécié les échanges avec le public, les artistes et les chercheurs qui ont nourri notre démarche et renforcé l’importance d’un dialogue autour des œuvres contestées.

La Robe de chair au Musée National illustre parfaitement mon intérêt pour les expositions qui interrogent notre rapport au corps, à la matérialité et aux limites de l’art.
