Communication : La représentation des machines dans les arts et les discours (24 avril 2025)

Le 24 avril 2025, j’ai eu la chance de participer au grand colloque international « La représentation des machines dans les arts et les discours » qui se tiendra à l’Université de Gafsa en Tunisie. Je présentais une conférence intitulée « La machine en panne : esthétique du dysfonctionnement dans la photographie et la littérature » et je fus modératrice de la sixième séance du colloque.

Image à la une de l’article : Photographie officielle du programme du colloque

Référence de la communication :
Jessica Ragazzini, « La machine en panne : esthétique du dysfonctionnement dans la photographie et la littérature » communication pour le colloque La représentation des machines dans les arts et les discours organisé par l’Université de Gafsa en Tunisie, du 23 au 25 avril 2025.

Résumé de la conférence : Pour une esthétique du dysfonctionnement

Présentée lors du colloque international La représentation des machines dans les arts et les discours à l’ISEAH de Gafsa, cette conférence explore la manière dont les pannes, bugs et autres dysfonctionnements technologiques deviennent, dans l’art contemporain, de véritables opérateurs esthétiques. Plutôt que d’être perçus comme de simples accidents ou défauts, ces erreurs (involontaires ou provoquées) sont activés comme des langages critiques, des formes expressives capables de déjouer les logiques de transparence, d’optimisation et de maîtrise. À travers des œuvres issues de la photographie, de la performance ou des arts numériques, la conférence propose de penser le dysfonctionnement comme méthode artistique, poétique du trouble et geste politique incarné.

Le dysfonctionnement technologique : métaphore visuelle autour de l’imperfection humaine

Au cœur des pratiques contemporaines, le dysfonctionnement technologique agit comme une métaphore visuelle de la vulnérabilité humaine. Là où la machine symbolisait jadis la perfection et le contrôle, sa défaillance devient aujourd’hui le lieu d’un questionnement sur les limites de l’humain, la fragilité des systèmes, et la possibilité d’une pensée non-normative du vivant. En introduisant du bruit, du glitch ou de l’instabilité dans leurs dispositifs, les artistes fabriquent des expériences sensorielles ambiguës qui nous confrontent à nos propres zones d’imperfection. Cette esthétique du dérèglement propose ainsi une autre manière d’habiter le monde : non pas dans la promesse d’un progrès linéaire, mais dans l’acceptation lucide des failles comme puissance de création.