Communication : De la fiction à la science-fiction photographique : entre imaginaire et prothétisation du corps (novembre 2019)

En novembre 2019, j’ai écris l’article « De la fiction à la science-fiction photographique » qui a été publié dans Science-fiction, prothèse et cyborgs, sous la direction de Jérôme Goffette. Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution des prothèses et leur impact sur l’identité, la perception et la relation au monde.

Référence de l’acte de colloque :
Jessica Ragazzini, (2019), « De la fiction à la science-fiction photographique » dans Science-fiction, prothèse et cyborgs, sous la direction de Jérôme Goffette, actes du colloque Science-fiction, Prothétisation, cyborgisation de l’association Stella Incognita, Paris : BoD, p. 199-215

L’hybridation du corps : entre compensation et augmentation

Lunettes, stimulateurs cardiaques, prothèses dentaires, audioprothèses, implants mammaires, bras mécatroniques… Notre monde est peuplé de technologies prothétiques qui passent presque inaperçues tout en transformant profondément notre quotidien. Si certaines prothèses compensent une capacité défaillante, d’autres augmentent ou modifient des fonctions corporelles, ouvrant la voie à des capacités inédites.

La science-fiction comme laboratoire d’expériences prothétiques

Mon article interroge les liens entre photographie et science-fiction à travers l’évolution des représentations du corps, du mannequin, de la prothèse et du cyborg. En revenant sur l’histoire de la photographie depuis le XIXe siècle, l’étude montre que ce médium, souvent perçu comme une simple capture objective du réel, s’est très tôt affirmé comme un espace de fiction capable de brouiller les frontières entre le vivant et l’inerte, le réel et l’imaginaire. À partir d’exemples issus de l’histoire de l’art, de la mode, du cinéma et de la culture visuelle, l’article analyse la manière dont la photographie construit des corps hybrides oscillant entre fascination, inquiétude et désir. En mobilisant notamment les notions d’« inquiétante étrangeté » de Sigmund Freud et de « vallée de l’étrange » de Masahiro Mori, cette réflexion met en lumière la manière dont l’image photographique transforme le corps en simulacre, en prothèse ou en objet fictionnel. L’étude montre également que la science-fiction photographique constitue un espace privilégié pour penser les mutations contemporaines du corps à l’ère des technologies, des biotechnologies et des imaginaires posthumanistes, où l’hybridation entre chair et machine oscille constamment entre angoisse et fantasme.

Un ouvrage académique collaboratif

Ma contribution s’inscrit dans un ouvrage collectif évalué par un comité de lecture universitaire et issu d’une collaboration entre la société savante Stella Incognita, l’Association Académique pour les Humanités (AAH) et le consortium de recherche Corps et Prothèses. Il constitue une ressource essentielle pour quiconque s’intéresse à l’évolution des technologies corporelles et aux implications qu’elles suscitent.