Cet article explore la prothèse non plus comme simple dispositif médical ou fonctionnel, mais comme un signe esthétique, politique et sémiotique du corps altéré. À travers les pratiques de Sophie de Oliveira Barata et Viktoria Modesta, il analyse comment la prothèse devient un vecteur de subjectivation, d’affirmation identitaire et de perturbation des normes validistes. Loin de dissimuler l’absence, leurs prothèses exhibent une artificialité revendiquée, transformant le corps amputé en surface signifiante. En mobilisant des références issues du posthumanisme, des disability studies et de la sémiotique visuelle, l’article montre que la prothèse peut être conçue comme une interface expressive, capable de redéfinir les modalités de visibilité, de désirabilité et d’interaction. Elle devient ainsi un dispositif critique, au croisement du soin, de l’art et de la performance, qui déplace les frontières entre nature et artifice, entre corps et machine, entre norme et altérité.
Pour plus d’information sur le numéro de Sémiolitté autour du corps dans la littérature et les arts : https://semiolitte.com/numeros/numero-1-2025/

Référence de l’article :
Jessica Ragazzini « Prothèses en tension : sémiotique du corps altéré chez Sophie de Oliveira Barata et Viktoria Modesta », Sémiolitté, numéro 1, 2025
