Coordination de publication : Sans exposition, une réflexion sur l’image médiatique et la guerre (octobre 2023)

En 2023, j’ai coordonné et corrigé la publication Sans exposition : gulf war tv war, raw footage, cnn concatenated de la commissaire et narratrice Marie-Hélène Leblanc.

Image à la une de l’article : photographie de la publication

Référence de la publication :
Marie-Hélène Leblanc, Sans exposition, Gatineau: Galerie UQO, ISBN : 978-2-9819793-9-1

Une approche narrative autour de la guerre

La publication Sans exposition : Gulf War TV War, Raw Footage, CNN Concatenated consiste en une exposition idéale sous la forme littéraire, dépourvue de contrainte. Elle est un affranchissement de l’acte commissarial par l’écriture où la commissaire est aussi la narratrice de l’exposition. Cette exposition racontée est composée des œuvres Gulf War TV War de Michel Auder, Raw Footage de Aernout Mik et CNN Concatenated de Omer Fast. Ce corpus propose trois approches narratives critiques des médias qui traitent des guerres. Les titres des œuvres ainsi juxtaposés dans le titre de l’exposition contribuent à situer la prémisse commissariale : il sera question de la guerre du Golfe comme moment pivot dans le récit médiatique, du développement d’un discours sur l’utilisation d’images de guerres rejetées par les médias et d’une critique des discours rapportés par CNN, cette chaîne télévisuelle adepte de l’instantanéité et de la répétition des images de guerres.

Une publication sans exposition

Dans cette publication, la narration annexée à la forme d’une proposition d’exposition, active l’expérience commissariale afin que l’exposition racontée puisse être considérée comme un médium. En effet, le projet se fonde à partir des trois éléments constituant une proposition d’exposition théorisés par David Tomas, soit le cadre conceptuel, le plan d’aménagement et la description des œuvres ; le tout prenant une forme littéraire de l’exposition. Comme le dit avec justesse Mieke Bal, un musée est un discours, et une exposition est un énoncé à l’intérieur de ce discours. Si cette forme expositionnelle est considérée idéale par la commissaire, c’est notamment parce qu’il a été possible de rendre compte par l’acte narratif de l’ensemble des constituantes de l’exposition à travers l’écriture. Par ailleurs, cette publication est également issue d’une volonté de faire exposition ailleurs que dans la galerie, l’édition est désormais l’une des méthodes de production et de diffusion de savoirs sur l’art contemporain privilégiée par la Galerie UQO.

Ainsi, la commissaire raconte une exposition comme on lui a raconté la guerre, dans l’affirmation d’une posture de commissaire­ narratrice qui met en récit une sélection d’œuvres. Dans une forme d’appropria­tion narrative d’une proposition d’exposition, elle parvient à dématérialiser son approche du commissariat, du moins à se libérer des murs blancs de la galerie.

L’édition de la Galerie UQO

Ce livre s’inscrit dans les activités éditoriales de la Galerie UQO dont l’objectif est de générer une réflexion sur les enjeux institutionnels et artistiques de l’exposition. La Galerie UQO s’est donné comme mandat de contribuer à l’avancement et à la diffusion des savoirs sur l’art contemporain et cette publication contribue aux discours sur l’art.